Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en doute ce dimanche devant Jean-Marc Ayrault l'"impartialité" de l'initiative de Paris pour relancer l'effort de paix avec les Palestiniens, en brandissant un récent vote de la France à l'Unesco.
"J'ai dit (à Jean-Marc Ayrault) que la décision scandaleuse prise à l'Unesco avec le soutien de la France et qui ne reconnaît pas le lien millénaire entre le peuple juif et le mont du Temple jette une ombre sur l'impartialité du forum que la France tente de réunir", a dit Benjamin Netanyahu.
Il s'exprimait après avoir reçu le ministre français des Affaires étrangères, venu lui présenter de vive voix le projet français de conférence internationale de paix, qui aurait lieu avant la fin de l'année, mais à laquelle le gouvernement israélien est opposé.
Polémique sur un vote français à l'Unesco
Benjamin Netanyahu a indiqué avoir redit à Jean-Marc Ayrault que "la seule voie pour parvenir à une paix véritable entre nous et les Palestiniens, ce sont des négociations directes sans condition préalable".
Le chef du gouvernement israélien s'est emparé ces dernières semaines du vote par la France en avril en faveur d'une décision de l'Unesco sur le patrimoine culturel palestinien et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée et annexée par Israël.
Il s'est indigné que le texte ne fasse jamais référence à l'esplanade des Mosquées comme mont du Temple, l'appellation sous laquelle les juifs révèrent le lieu, ou ne cite le mur des Lamentations qu'entre guillemets. Selon lui, ce texte nie le "lien historique" entre les juifs et Jérusalem.
"Des formulations malencontreuses"
Cette controverse a parasité la visite de Jean-Marc Ayrault et les responsables français se sont succédé pour tenter de dissiper le trouble causé à l'initiative française. "Des formulations malencontreuses et blessantes, qui auraient pu et dû être évitées, ont créé des malentendus. La France le regrette", a dit Jean-Marc Ayrault à Benjamin Netanyahu selon son entourage.
"La position de la France sur Jérusalem n'a pas changé: Jérusalem est une ville fondamentale pour les trois grandes religions monothéistes et appartient à tous les croyants, juifs, chrétiens et musulmans", lui a-t-il dit selon les mêmes sources.
La France compte sur le soutien palestinien
Pour préparer la conférence internationale de paix, la France prévoit le 30 mai une réunion ministérielle avec une vingtaine de pays, l'Union européenne et l'ONU, mais sans Israéliens ni Palestiniens pour ne pas condamner d'emblée cet effort à l'échec.
Jean-Marc Ayrault sait pouvoir compter sur le soutien palestinien dans son ambition de redonner vie à la vieille entreprise visant à résoudre l'un des plus vieux conflits de la planète, alors que la dernière initiative de paix, d'origine américaine, a échoué en 2014.
Paris dit vouloir regrouper les incitations pour aider Israéliens et Palestiniens à reprendre des négociations crédibles et, idéalement, les mener à bien avec un encadrement international et dans un délai imparti, dit-on de sources diplomatiques. Les Français se montrent toutefois très prudents quant aux chances de succès de leur initiative.
